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6. Des vacances connectées

Juillet-août. Les beaux mois « creux » d’été, où les entreprises se vident au profit des parcs et des piscines. Même les évènements d’affaires semblent faire une pause – et nous sommes bien placés pour le savoir. L’activité ralentit et s’ébroue dans la douce torpeur d’une saison que l’on n’a que trop attendue.

L’activité ralentit. Vraiment? Non.

Parce que si certaines industries lèvent le pied, ce n’est sûrement pas le cas des gens qui, comme vous et nous, ne sont probablement jamais aussi actifs que durant ces mois-là – socialement, a minima.

Pensez-y un instant…

Vous voyagez? Vous n’êtes pas le seul.

Les vacances riment souvent avec voyage. On emploie l’expression « Les voyages forment la jeunesse ». Nous dirions plutôt que les voyages forment (tout le monde) – et prédisposent à la rencontre. On est coupé de son quotidien, on a enfin la chance d’être soi-même. Ce sentiment de liberté, que tout nous est possible.

En voyage, on croise la route d’autres voyageurs. Et bien sûr, on fait également la connaissance des habitants des lieux que l’on visite. Les voyageurs en solitaire connaissent bien cette étonnante simplicité d’aller vers l’autre, discuter, partager un moment, un jour, une semaine de route. Ils partent seuls, certes – mais ils voyagent rarement seuls. Ceux qui voyagent à deux ou plus ne sont pas, eux non plus, exempts de magnifiques rencontres – pour peu qu’ils le veuillent bien.

Histoires vécues.

 

Un travail sur le pouce
Prenez Sean. Sean est un jeune PVTiste écossais fraîchement débarqué au Canada. Après quelques semaines en Nouvelle-Écosse (ne lui parlez pas de pèlerinage), il prend la route pour l’Île du Prince Édouard. Il entend continuer son périple dans l’Est canadien jusqu’à la rentrée, où il projette de s’établir à Montréal.
Sean voyage seul et n’a pas beaucoup de moyens : il fait du pouce. Parmi les voitures qui s’arrêtent pour le prendre, un couple d’entrepreneurs montréalais en villégiature. Après une heure de route et de conversations animées, le couple propose un travail à Sean dans leur entreprise, dès son arrivée à Montréal.

 

Promenade sur les chemins de l’immigration
Autre exemple. Nous sommes début juillet. Henri et Jeanne savent qu’ils s’apprètent à affronter le froid et la pluie mais se lancent tout de même à la découverte de la Gaspésie, dix jours durant. Un arrêt relativement fortuit les amène à gravir le Mont-Saint-Pierre, d’où la vue est imprenable. Au sommet, ils engagent la conversation avec un autre groupe de marcheurs. Parmi eux, Marie, qui travaille à la MRC de Gaspésie – plus exactement, elle coordonne l’accueil des nouveaux arrivants. Une aubaine pour Henri et Jeanne, qui nourrissent un projet d’immigration et qui auront tout loisir de mûrir ce dernier avec elle au cours d’un souper de haute volée – également en compagnie de trois Haïtiens, précieux témoins de l’action de Marie et à présent parfaitement intégrés au Québec.

Vous avez du temps? Eux aussi.

Les vacances au Québec sont courtes. Quinze jours annuels lorsqu’on débute, sauf exceptions. Mais même si l’on alterne travail et maison, le temps semble s’étirer et les journées plus longues nous invitent à sortir. À faire fructifier un temps que l’on peut consacrer à des activités auxquelles on ne se prêterait pas forcément volontiers en hiver. On a du temps à se consacrer mais aussi à consacrer aux autres

Vous avez du temps? Donnez-en. Expérimentez autre chose, essayez-vous à de nouvelles pratiques. Profitez-en.

 

Flexion, extension
L’été à Montréal, les espaces d’activité physique en extérieur fleurissent comme des par-terres d’hortensias sur le Plateau. Que l’on pratique le golf ou la pétanque, le beach volley au Parc Jeanne Mance ou le mölki, tout est possible. Certains restent néanmoins attachés à leurs salles de gymnastique. C’est le cas de Charles, candidat malheureux au PVT 2015. Charles dispose d’un visa de touriste de six mois et la gymnastique, c’est plus qu’une passion : c’est son métier. Au Québec, il découvre très vite une nouvelle pratique de fitness, encore peu développée dans son pays d’origine – et donc soumise à une forte demande. Au cours de son séjour, il va s’entourer d’experts locaux en la matière et acquérir de nouvelles compétences. Un mois et demi avant l’expiration de son visa, Charles a déjà deux offres fermes d’emploi à son retour au pays.

 

Association d’esprit
Oriane travaille dans les ressources humaines. Elle intervient pour le compte d’une entreprise mais sa véritable passion, c’est les autres. Elle profite du calme estival pour s’engager davantage encore dans une association d’aide à la personne et se retrouve un après-midi en binôme avec Christine avec qui elle va faire sa ronde. Christine a tout quitté il y a sept ans pour monter un vaste projet humanitaire en Afrique centrale. L’humanitaire, Oriane y songe depuis des années, sans jamais oser franchir le pas. Christine travaille aujourd’hui avec de grandes ONG internationales et s’avère un conseil aussi improbable qu’inimaginable à ses yeux. Christine finira la ronde par une invitation spontanée à la rejoindre sur le terrain. Elles se reverront dès le lendemain.

Qu’on le veuille ou non…

La belle saison a ceci qu’elle nous détent. Elle ne nous éloigne pas forcément de notre quotidien et de nos préoccupations, mais elle n’en a pas moins un effet positif sur notre état d’esprit.

Ces quelques anecdotes nous montrent une autre facette du réseautage au sens où on l’entend généralement. On peut profiter des évènements de réseautage qui se présentent à nous. Et l’on peut aussi se créer ses propres opportunités, sans qu’elles répondent nécessairement à une démarche délibérée ou à des objectifs professionnels de quelque ordre qu’ils soient.

Il suffit parfois de profiter du moment, de laisser le hasard faire les choses. Il suffit de rester ouvert et d’embrasser chaque rencontre.

Il suffit de le vouloir et de prendre les devants.

 

L’ensemble des faits relatés ont eu lieu au cours des mois de juillet et août 2015. Seuls les noms des personnes ont été modifiés.

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